Cahier de Textes #2

Les plus belles femmes du monde

 

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Sous un soleil rougeoyant ou sous un torrent de pluie, dans la tempête et dans le vent, elles sont de celles qui se tiennent debout.

Contre l’injustice, le despotisme autoritaire, face aux asservissements immondes, elles sont de celles qui marchent dans la rue.

Elles sont de celles qui brandissent des drapeaux, roses, rouges ou verts, qu’elles font danser dans une brise libertaire.

Elles sont de celles qui agitent des pancartes, aux slogans vifs, contestataires.

Elles chantent ; leurs voix s’élèvent, contre l’infâme patriarcat, contre les misogynes tyranniques qui les rêvent domestiques, contre ceux qui voudraient les asservir et les faire taire, contre ces craintifs rétrogrades à la pensée préhistorique.

Et leurs cœurs rassemblés forment un organe indestructible qui emporte tout sur son passage, qui bat plus fort encore, quand vient la douceur du printemps. Car alors elles hument le  parfum de liberté, s’enivrent de ses senteurs, de ces fragrances de résistance, entendent la lourde résonance des pas qui creusent le bitume, le mouvement des jets de pavés, l’écho bruyant de la révolte.

Elles exècrent les racistes, les fascistes, les attiseurs de la haine ; et tout autant ces grands hommes, qui veulent s’élever toujours plus haut, cupides matérialistes, qui s’enrichissent de la misère.

Alors elles gueulent, crient leur indignation, crachent leur révolte, contre les oppresseurs capitalistes, les écraseurs de l’équité, les fossoyeurs des crèves la faim.

Elles se refusent à ces politiques abjectes, à ces principes immoraux, ces inepties vampiriques d’un monde inégal, oppresseur, bientôt condamné.

Elles ont bu jusqu’à la lie les souffrances de leurs aînées.

Elles sont les larmes et la colère de toutes les révoltées.

Elles ont la mémoire de ces premières combattantes, de ces vives agitatrices, de ces progressistes obstinées, et de leurs luttes sans cesse menées d’un acharnement magnifique.

Et dans leurs veines s’écoulent toujours, en un flux continu, un héritage indéfectible ; une once de rage calme, d’insoumission libératrice, de volonté émancipatrice, qui n’a de cesse de vouloir construire un monde égalitaire.

Elles sont la sueur et le labeur, les mains caleuses des ouvrières, le souffle chaud, le corps usé, des travailleuses dans les champs, les larmes aveugles, les poings liés, des suffragettes insurgées.

Elles sont le manifeste des 343, les héritières du MLF.

Elles sont la ferveur de Louise Michel, la plume de Sagan.

Elles sont l’engagement d’Olympes de Gouges, les mots de Simone de Beauvoir.

Elles sont les pages des Marguerite, Duras et Yourcenar.

Elles sont l’écho de Simone Veil, l’éloquence de Taubira.

Elles sont la rébellion de Virginie Despentes, une chanson de Clara Luciani.

Elles son femen. Elles sont #metoo. 

Elles sont celles qui parfois pleurent quand elles voient trop de souffrances.

Elles sont celles qui incarnent les valeurs de la France.

Elles sont celles qui, audacieuses, sont de tous les combats.

Elles se lèvent pour toutes celles qui ne le peuvent pas.

Et toujours en quête de sagesse, insatiables de connaissances, elles sont curieuses de tout, discutent, philosophent, attablées autour d’un verre ou sous un ciel d’étoiles.

Elles nous incitent au dépassement, à bannir les vieilles pensées, les croyances obsolètes, vestiges du passé.

Architectes minutieuses, elles façonnent un idéal, esquissent les contours d’un monde meilleur, innovateur, un futur coloré d’un élan de bienveillance.

Elles imaginent et elles inventent, elles réalisent et elles créent, pour qu’un jour l’utopie devienne une belle réalité.

Elles se tiennent aux côtés, des opprimés, des déclassés, des victimes d’une société sclérosée.

Et elles distribuent des tracts pour convaincre les gens, qu’il est possible de changer, qu’il est possible d’avancer, qu’il arrive le monde nouveau, qu’il suffit de le vouloir.

Elles sont des femmes de convictions, fidèles à vie à leurs valeurs.

Elles sont l’espoir et la passion qui résonnent dans les cœurs.

Elles sont les yeux qui brillent quand ils regardent vers l’avenir, la promesse d’un demain qui sera fait de doux sourires.

Elles sont le feu, toujours brûlant, dans le froid de l’ignorance, une flamme qui vacille,  mais luit toujours, malgré l’obscurité.

Elles sont le vent qui nous apporte, en un souffle apaisé, la fraîcheur d’un renouveau.

Elles sont l’apparition d’une éclaircie, une lueur scintillante, qui vient après la pluie d’une tempête battante.

Fières, elles se dressent, lèvent le poing.

Fortes et indociles, elles tendent la main.

Elles sont des générations, des ados et des jeunes femmes, des mères et des grand-mères.

Elles sont des compagnes, des ouvrières, des féministes, des activistes, des militantes, des étudiantes.

Elles sont la solidarité, la liberté, le partage, l’écologie.

Elles sont les garantes de la justice, les protectrices du droit social.

Elles sont la voix du féminisme.

Elles sont le chant du socialisme.

Elles sont les partisanes de la paix.

Elles sont les amoureuses du progrès.

Elles sont l’histoire de la France, la résistance, l’insoumission.

Elles sont l’espérance d’un changement, le goût suave de l’évolution.

Elles sont des sourires.

Elles sont l’avenir.

Elles sont les filles du peuple.

Elles sont le cri du peuple.

Ces femmes, insoumises et révoltées, courageuses et généreuses ; ces femmes, qui portent en elles un idéal et le défendent avec ardeur ; ces femmes qui subissent la dominance des vieux mâles mais se relèvent toujours ; ces femmes souvent négligées qui apportent pourtant tant d’amour ; ces femmes-là, pour lesquelles chaque jour est un nouveau combat ; ces femmes-là, toutes ces femmes-là, sont les plus belles femmes du monde.

 

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

 

Merci de m’avoir lu.

A bientôt.

 

Frédéric Dessault

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