Cahier d’auteur #2

 

La Part du Temps – 1er Extrait

 

Bonjour à toutes et à tous.yfygyg

Je vous racontais, dans un article précédent, l’envoi de mon premier roman à des éditeurs. Ce roman, en attendant les réponses des maisons d’éditions, je le publierai certainement en format numérique dans quelque temps. Mais pour vous faire patienter je vais, pendant les prochaines semaines, vous faire découvrir quelques passages du livre.

                     

Bon, j’arrive jamais a bien résumer mon livre (c’est un peu embêtant je sais), mais je vais essayer, brièvement :        

Ce roman, La Part du Temps, raconte ces petits moments, ces instants fugaces, ces joies et ces peines, le récit d’une vie. C’est une histoire d’amour, une histoire du temps, du temps qui passe, et qui invite à se poser les questions : Qu’est-ce que le temps ? Peut-on l’apprivoiser ?

Ha oui, petite chose à savoir, il y a deux parties distinctes dans le roman, donc le changement de police d’écriture c’est normal…

Bon allez, je vous laisse découvrir le premier extrait. C’est les toutes premières pages du roman… Bonne lecture ! 

 

1er Extrait

   Je contemplais les pendules silencieuses et leurs aiguilles immobiles.

   Je me remémorais, avec délectation, ces moments essentiels, ces moments de joies et de peines.

   Je me souvenais de ces instants fugaces, de ces minutes passés, et de ces heures égrenées, envolées...

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

05h32

  

   Je crie.

   Ce monde me semble étrange, dangereux, trop grand.

   Je me noie dans ce vaste espace.

   Je respire.

   Ma peau frémit au contact de l’air.

   Il fait froid.

   Mes yeux souffrent.

   La lumière, d’une intense clarté, est aveuglante.

   Mon corps s’éveille.

   Mes doigts se crispent.

   Mes jambes s’agitent.

   Mes bras dansent, gesticulent, cherchent en tout sens un repère, quelque chose à quoi s’accrocher.

   Je frissonne.

   Je n’étais pas préparé à cette liberté nouvelle, cette expulsion inattendue, qui m’esseule et m’impose un monde dont je ne veux pas.

   Que faire ?

   Je souhaiterais retourner chez moi, dans le ventre chaud et douillet, l’enveloppe rassurante qui me protégeait. Il y avait là-bas tout le nécessaire : sécurité, nourriture, tranquillité… et toujours les battements réguliers, tambours incessants qui rythmaient mes besoins et mes appétits.

   Et cette jolie voix qui souvent me parlait, me chantait des berceuses…

   Où est-elle passée maintenant ? Je ne l’entends plus.

   Les mains qui caressaient les cloisons de mon abri je ne les sens plus.

   Qui va prendre soin de moi maintenant ?

   J’ai peur.

   Je me sens seul.

   Je suis mouillé et j’ai froid.

   Je ne comprends pas ce qui m’arrive.

   On me soulève, on m’enroule dans quelque chose de doux et moelleux.

   Ça me réchauffe un peu.

   Mais où se cache la voix ?

   Je l’adorais. Je veux l’entendre à nouveau.

   Et puis les sons… Ils me semblent trop limpides, trop bruyants, étonnants, réels.

   On me dépose au contact d’un corps moite et brûlant.

   L’odeur m’est familière. Cette présence me rassure.

   Je me calme, me détends et m’immobilise ; apaisé, réconforté.

   Mais je n’entends toujours pas la voix. Je n’entends pas la voix !

   Une caresse sur la joue. Un souffle chaud, tendre et fruité, effleure mon visage.

   Enfin la voilà ! Je l’entends.

   C’est elle. C’est la voix.

   La sonorité est un peu différente mais je la reconnais.

   Elle est douce et légère, un millier de fleurs qui dansent, ondulent au vent.

   Elle est aimante, printanière et colorée. Elle est magnifique.

   Elle me chuchote des mots que je ne comprends pas mais j’en saisi tout de même l’affection et une immense bienveillance.

   Mes paupières sont fébriles, hésitantes, elles vacillent, s’ouvrent avec difficulté.

   Je l’aperçois.

   La femme a un visage rayonnant. Ses lèvres craquelées, d’un rouge intense, remontent vers ses pommettes saillantes et obligent ses yeux marrons, son regard fasciné, à se plisser. Ses cheveux bruns, très foncés, sont humides et tombent en cascade sur ses frêles épaules.

   Il se dégage de cette femme une gentillesse et une tendresse sans limite.

   Elle me fait un baiser.

   C’est délicat.

   C’est tendre.

   Puis une autre main s’approche, plus lourde, plus hésitante.

   Elle s’aventure lentement sur mon crâne, mon front, mes joues, puis mon menton ;  apprivoisant chaque recoin de mon visage.

   Une ballade méticuleuse et délicate comme pour initier un amour prochain, durable, immortel.

   C’est agréable.

   L’homme sourit.

   Son visage est émacié, ses joues creuses et ses sourcils broussailleux. Ses cheveux noirs, épais et sauvages, dissimulent presque le bleu de ses yeux qui transpirent de fierté.

   Il me parle et je le reconnais.

   C’est lui qui me racontait des blagues et me complimentait souvent sur mes futurs talents de musicien ou peintre.

   Lui qui me chantait des comptines, me décrivait le monde, me narrait ses journées, me déclarait que j’étais le plus beau cadeau de sa vie.

   Lui qui chuchotait des mots tendres à la femme.

   Lui qui promettait de toujours veiller sur moi, de me protéger, de m’accompagner et me rendre heureux.

   Lui dont j’allais devenir une grande fierté, l’aboutissement, la preuve irréfutable de son amour.

   Quiétude et tendresse ont envahi la chambre blanche et je n’ai plus froid.

   La femme me serre contre son sein.

   Je n’ai plus peur.

   Leurs yeux émerveillés et mon regard contemplatif se croisent et virevoltent en un incessant ballet oculaire.

   L’homme et la femme m’embrassent.

   Ils rient.

   C’est un opéra de bonheur.

   On s’aime déjà.

   Ils sont tout pour moi.

   Je vais partager beaucoup de temps avec eux.

   Toute une vie.

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

   L’homme est entré dans la pièce.

   Il m’a réveillé.

   Moi qui dormais si bien !

   Il a adossé une chaise au mur.

   Il est reparti.

   Il est revenu, avec dans ses bras un immense objet rond, presque plat.

   Il est monté sur la chaise.

   Il a tambouriné contre le mur.

   Ça m’a fait peur.

   J’ai crié.

   Il a soulevé l’objet circulaire multicolore, l’a accroché au mur.

   Il est redescendu.

   Il est venu vers moi.

   Il m’a murmuré doucement des mots de sa voix réconfortante.

   Il m’a expliqué que ce qu’il venait de fixer au mur était pour moi, que c’était un cadeau, un objet dont les aiguilles étaient à jamais stoppées sur l’heure de ma naissance.

   Comme il voulait ne jamais oublier ce moment qu’il chérissait tant, il avait décidé d’enrayer le mécanisme de l’horloge.

   Il avait bloqué le temps.

   Il m’a dit qu’on était tous maître de son temps.

   Il m’a dit plein d’autres choses aussi.

   J’ai rien compris !

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Voilà. Merci de m’avoir lu et je vous promets un nouvel extrait dans quelques jours. Oui, promis, juré, craché…

Le tableau collage a été réalisé par Fabienne Pimouguet- Coiffier

l’adresse de son blog : http://fpc-artiste-peintre.over-blog.com/

Frédéric Dessault

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