Cahier de textes #11

Éternellement femme

 

Bonjour à tous,q6444

Il y a quelques mois, je participais à un concours d’écriture organisé par le site Aufeminin.com .

Le texte devait être très court ( 3 000 signes maximum ) et nous avions le choix entre 4 thèmes pour écrire notre nouvelle.

Mon texte est un tout petit peu plus long maintenant puisque je n’ai plus d’interdiction de longueur…

J’avais choisi le thème  » Je suis une femme « .

Voilà ce que ça m’a inspiré…

Bonne lecture ! 

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Éternellement femme

 

J’enfile une robe légère. L’effleurement du tissu, telle une subtile caresse, me procure un frisson. Ça me fait toujours cet effet-là : un nuage qui m’enveloppe de sa douceur. J’enfile ensuite de hauts talons, qui mettent en valeur la longueur de mes jambes et me dessine de jolies courbes.

Je me relève, pose mes mains sur mes hanches, me regarde dans le miroir glacé.

Ma silhouette n’est pas si mal !

Je me repasse du rouge sur les lèvres, me recoiffe quelque peu.

Aujourd’hui mon teint est pâle, mon visage creusé, mes yeux sont gonflés par la fatigue, et mes cheveux ressemblent à de la paille. Je ne me trouve pas très jolie ; mais plus belle qu’autrefois. Et s’il n’y avait tous ces gens qui me toisent de haut en bas, de leurs regards insistants, peut-être, même, me trouverais-je magnifique.

Mais cela n’est pas le cas. J’ai sans cesse cette impression, ce sentiment omniprésent, qu’ils me pensent anormale, qu’ils me trouvent laide et repoussante. Je les dégoûte, je le sais, comme je me dégoûtais moi-même auparavant.

Quelle sotte je suis ! Voilà que des larmes me montent aux yeux.

C’est vrai, je n’en peux plus de leurs regards méchants et de leurs rires infernaux… J’aimerais dire que cela ne me fait rien, que cela ne me touche pas, mais ce serait mentir.

Leurs sarcasmes me transpercent. Leur intolérance m’épuise. Leur mépris me déchire les entrailles. C’est un écho de révulsions, perpétuel, que je perçois même dans leur silence.

Ils me font mal. Ils me détruisent. Ils me tuent.

Quand comprendront-ils ce que je ressens ?

Quand cesseront-ils de de me montrer du doigt, de se moquer de moi, de m’insulter ?

Quand m’accepteront-ils enfin tel que je suis ?

Et puis aussi, je dois le dire, j’aimerais bien qu’on m’aime un jour ; que quelqu’un pose sur moi des yeux d’amour et de désir, qu’on me chuchote de tendres mots ; que l’on me dise un doux « je t’aime », que l’on me supplie de pouvoir m’embrasser.

Mais cela me semble vain. J’ai l’intuition que cela restera pour toujours un rêve, un mirage, inaccessible.

Mais pourquoi donc ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit à l’amour ? Pourquoi ne pourrais-je goûter à ce que tous connaissent ?

Offrez-moi au moins, je vous le demande, une once de respect ; vous me le devez bien !

Je ne suis pas le résultat d’une expérience scientifique raté. Je ne suis pas le monstre que vous décrivez, que vous voulez fuir. Je ne suis pas une bête de foire.

Je suis une femme, je vous le dis.

Je suis une femme, je le sais, je le sens.

Mais, une fois encore, vous voudrez me prouver le contraire. Vous chercherez à changer ma vérité, à m’imposer la vôtre. Vous me traiterez de taré, de pd, de sale trans…

Si vous saviez à quel point vous vous trompez !

Je ne suis rien de tout cela.

Je suis une femme, tout simplement.

Mon être entier et mes pensées ne pouvaient dépendre d’un sexe que je n’avais pas choisi, d’une apparence dont je n’avais rien décidé, d’un physique que l’on m’avait infligé, qui n’était pas le mien, dont je n’avais jamais voulu.

Alors, j’ai décidé que j’avais le choix, de vivre libre, d’assumer enfin qui j’étais.

Pour toujours, je serai ce que je crois, ce que je veux, ce que je ressens, du fond du cœur, de toute mon âme.

Comprenez-le !

Comment pourrait-il en être autrement ?!

Je suis une femme.

Acceptez-le donc.

Je suis une femme.

Je l’ai toujours su.

Je suis une femme.

Entendez-le !

Je suis une femme, éternellement.

 

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Je vous remercie de m’avoir lu et j’espère que ce texte vous a plu.

Vous pouvez, bien entendu, commenter et partager l’article si vous le souhaitez. Vous pouvez vous abonner à mon blog (si ce n’est pas déjà fait) et je ne peux que vous conseiller de rejoindre ma page Facebook. 😉

Bonne journée à tous.

A bientôt. 

Frédéric Dessault

2 réflexions sur “Cahier de textes #11

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