Cahier de Lecture #17

 

Utopies réalistes – Rutger Bregman

 

Seuil – 256 p.

4e de couverture

Utopies-realistes

Ouvrir grand les frontières, une semaine de travail de quinze heures, le revenu de base universel… Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l’utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd’hui et ne pas désespérer! D’une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l’histoire d’un revenu de base pour des millions d’Américains sous Richard Nixon, Rutger Bregman nous emmène dans un voyage à travers l’histoire et, au-delà des divisions traditionnelles gauche-droite, défend des idées qui s’imposent par la force même de l’exemple et le sérieux de la démarche historique. Tout progrès de la civilisation – des débuts de la démocratie à la fin de l’esclavage – fut d’abord considéré comme un fantasme de doux rêveurs.

Un passage du livre

 

   Tandis que j’écrivais ce livre, quand je disais que j’y abordais le plus grand défi du siècle, l’intérêt de mes interlocuteurs était immédiatement en éveil. Écrivais-je sur le terrorisme ? Le changement climatique ? La Troisième Guerre mondiale ?

   La déception était perceptible quand je développais sur le thème du temps libre. « Est-ce que tout le monde ne finirait pas rivé à l’écran de télévision ? »

   Cela m’évoquait les sombres prophéties des marchands de malheur du XIXe siècle, qui croyaient que la plèbe ne saurait que faire d’un droit de vote, d’un salaire décent ou, pire encore, du temps libre, et qui défendaient la semaine de soixante-dix heures comme un moyen efficace de lutter contre l’alcoolisme.

   [ …]

   Le loisir véritable n’est pourtant ni un luxe ni un vice. Il est aussi vital pour notre cerveau que la vitamine C l’est pour notre corps. Pas une seule personne ne se dit sur son lit de mort : « Si seulement j’avais passé quelques heures de plus au bureau ou devant la télévision. » Bien sûr, il n’est pas aisé de nager dans un océan de temps libre. L’éducation du XXIe siècle ne doit pas seulement préparer les gens à rejoindre la force du travail, elle doit aussi (et surtout) les préparer à la vie. « Puisque les hommes ne seront pas fatigués pendant leur temps libre, écrivait le philosophe Bertrand Russell en 1932, ils ne réclameront plus seulement des amusements passifs et insipides. »

   Nous pouvons faire avec la bonne vie, il suffit de prendre le temps.

 

En quelques mots …

Dans ces temps de consumérisme où, apathiques et résignés, nous ne croyons plus, ne rêvons plus, n’imaginons plus, un autre avenir que celui que l’on nous promet depuis tant de temps, celui d’être obéissant et méritant, de travailler sans réchigner, pour gagner toujours plus d’argent afin de pouvoir aller faire du shopping et de nous satisfaire d’une nouvelle acquisition, d’une nouvelle possession, profitant de notre temps pour végéter dans un ennui sempiternel. 

Heureusement quelques voix (ou quelques voies) commencent à apparaître. Et ça fait du bien de s’entendre dire que les choses peuvent changer, évoluer, qu’il est à porté de main l’avenir radieux, suffit-il de le vouloir, et d’y croire.

Rutger Bergman nous propose quelques alternatives, un florilège d’idées, d’utopies salvatrices et réalistes. Piochant dans l’Histoire, s’appuyant sur des faits avérés, Rutger l’idéaliste nous montre que tout est possible : une meilleur répartition du temps de travail, la fin de la pauvreté, le bien-être, la solidarité, et qu’il est faisable d’emprunter ce chemin.

Une lecture intéressante et enrichissante, bien documentée, accessible, sans être simpliste, qui nous inspire et nous affirme qu’il est mieux d’imaginer et de tenter de construite un autre avenir plutôt que de se résigner à celui-ci, moribond et injuste, vers lequel les pessimistes souhaitent nous enfermer.

Rappelons-nous que toutes les avancées sociétales ont d’abord été des utopies et que, n’en déplaise aux esprits  » réalistes « , à ceux qui ont les pieds sur terre et qui veulent nous faire croire que c’est bien beau de rêver mais que ça ne sert à rien, et qui se complaisent dans l’inertie tout en se pensant sages et responsables, ce sont les utopies d’aujourd’hui qui façonnent le monde de demain.

 

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

 

Et vous quelle serait l’utopie sociétale que vous aimeriez voir se réaliser ?

Frédéric Dessault

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s