Cahier de Lectures #19

Par Amour – Valérie Tong Cuong

JC Lattès – 416 p.

 

4e de couverture        paramour

Pour protéger les siens des absurdités de la guerre, il ne reste parfois que l’énergie de l’amour et la force du sacrifice… Retraçant le destin de deux familles emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, cette fresque puissante, envoûtante, nous conduit du Havre à l’Algérie et met au jour un pan méconnu de notre histoire.

 

 

 

 

Un passage du livre

 

   Le cri strident de Lucie a déchiré les murs.

­— Papa !

   L’escalier résonnait des pas précipités de Jean, mon corps refusait de bouger, après quelques secondes enfin, j’ai réussi à poser le panier à linge au pied de la commode.

   La dernière fois que Joffre était rentré à la maison, c’était pour cette permission en décembre dernier. Il avait embrassé Lucie, mais c’est moi qu’il fixait par-dessus son épaule. Dans son œil je lisais son désir, son amour, son urgence, et cet oeil-là avait dissous ma contrariété de savoir qu’il serait absent pour Noël.

   La dernière fois, nous étions encore plein d’orgueil, de confiance et d’espoir : nous étions invincibles.

   Comment peut-on se tromper à ce point ?

   Je suis descendue à mon tour, expirant mon soulagement, j’avais eu si peur jusque-là, une peur secrète et corrosive qu’il soit mort, abandonné dans un fossé, parce qu’il ne pouvait être en fuite comme ces pleutres croisés sur la route de l’exode, il combattait forcément sur le front lorsque le Maréchal avait capitulé.

   Lucie était blottie contre lui, il avait passé son bras gauche autour des épaules de Jean. Il n’y avait plus un son dans la maison, plus un mouvement, son regard a croisé le mien, funèbre, glacé, sa tête était légèrement inclinée et aussitôt j’ai vu l’invisible, ce qu’il portait de honte et de déshonneur, il était vivant, oui, mais tout ce que nous avions connu de joie et de soif de vivre était mort avec la capitulation.

 

En quelques mots …

 

Au travers des portraits d’une famille havraise, l’auteure nous fait voltiger dans un tourbillon d’émotions, nous décrivant habilement le quotidien de la population, l’occupation nazie, les tickets de rationnements, les bombardements, des vies qui s’essoufflent…

Au gré des pages, on oscille d’une personne à l’autre, passons du point de vue d’un enfant à celui d’un adulte, et découvrons la diversité des sentiments que chacun ressent, qui se rassemblent, pour ne former qu’une seule et même histoire : l’histoire d’une famille qui tente de rester unie, coûte que coûte, dans l’adversité.

Les personnages sont terriblement touchants et leur personnalité est magnifiée par la composition remarquable de leur créatrice.

C’est un roman captivant, surprenant, profondément humain, qui vous fera probablement verser une petite larme à quelques moments…

Je n’en dis pas plus et vous encourage, si ce n’est déjà fait, à vous jeter sur ce superbe roman, où l’amour est omniprésent.

Peut-être est-il encore possible de le glisser sur votre liste de cadeaux de Noël ?! 

Pour ma part, vous aurez compris que j’ai vraiment adoré.

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