Comment j’ai auto-publié mon livre : de la conception du roman à son édition #5

 

Acte 5 : Derniers coups de pédales

 

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La métaphore cycliste n’est pas des plus lyrique je vous l’accorde, mais cela caractérise bien l’état dans lequel je me trouvais. Enveloppé d’abnégation, j’allais enfin achever mon combat créatif et, si je devais encore me dépatouiller de mes nombreux doutes et de mes trop rares satisfactions, je trouvais dorénavant mon roman mûr, fin prêt à être lu… ne manquait que des lecteurs…

Après avoir pris quelques renseignements, j’avais d’ores et déjà pris la décision d’auto-publier mon roman, et, pour cela, la méthode qui me semblait la plus abordable était de le proposer sur le site d’Amazon. Il était simple d’y déposer son roman et j’envisageais d’y obtenir plus de visibilité. Et en plus d’être disponible à l’achat en format e-book, il serait également possible d’acquérir mon roman en format broché (avec impressions à la demande).

Je n’allais pas laisser mon bouquin dormir au fond d’un tiroir pendant l’éternité… Alors tant pis pour les maisons d’éditions qui, sans aucun doute, le regretteraient amèrement un jour (on a bien le droit de rêver), je me débrouillerai sans elles. Na !

Mais il me fallait avant tout trouver un illustrateur pour me faire une couverture qui claque. Ça tombait bien, je connaissais justement quelqu’un qui ferait très bien l’affaire ; le grand, le talentueux, le beau, Aurélien R. (peut-être ferais-je encore à l’avenir appelle à ses talents donc autant le flatter un peu avec des qualificatifs grandiloquents ^^). Lorsque je lui fis part de ma demande, il accepta sans hésiter.

Je donnais quelques directives à Aurélien sur ce que je souhaitais et laissais son coup de crayon opérer. Il m’envoya par la suite quelques esquisses, et me proposa également plusieurs polices pour le titre. J’hésitais, j’étais indécis, (comme à mon habitude) alors je préférais demander l’avis de quelques personnes, afin de définir la couverture qu’elles trouvaient la plus attrayante.

Je finissais par en retenir une.

Le dessinateur me renvoya par la suite son illustration avec deux, trois améliorations… et voilà, le résultat définitif était là, sous mes yeux.

Les couleurs, le dessin, tout me paraissait parfait.

Pendant ce temps-là, j’effectuais, encore une fois, une énième lecture de mon roman, je corrigeais des fautes, changeais à nouveau des phrases, tentais de rendre la lecture de mon œuvre la plus agréable possible, de lui donner plus de rythme, plus de linéarité, sans en renier son style et son essence.

Enfin, tout fût fin prêt. (allitération assez laide en « f » mais ça passe :))

Tout était réuni.

J’allais pouvoir mettre en ligne mon roman.

Mais il persistait en moi une certaine hésitation. J’avais peur. Je tergiversais. Craignais le jugement des autres. Qu’allait-on pensé de moi si le livre était nul ? Je risquais de détruire ma réputation, à tout jamais…

Et voilà que j’étais épouvanté à l’idée de perdre une chose que je n’avais pas obtenue… Quelle réputation ? Je n’en avais encore aucune…

C’était d’un ridicule !

Craignais-je de décevoir mes proches ? Probablement.

Je redoutais tant que certains d’entre eux se disent : Dis-donc autant de temps pour écrire cette merde ! Il s’est bien fichu de nous. J’imaginais déjà les regards pitoyables qui me jugeraient et me décriraient comme un auteur raté. J’avais peur de ne pas être compris…

Il faut dire que ça a un côté assez flippant de voir son œuvre se confronter à la critique des autres, de dévoiler une part de soi, une facette un peu secrète, à tout le monde.

Ce livre, c’est moi. C’est ma chair, c’est mon temps. C’est moi… tout nu.

Que quelqu’un me dise qu’il a détesté le livre, c’est me détester moi.

Pourrais-je survivre à un ouragan de détestation ?

Il est parfois difficile de faire la part des choses entre sa création et sa propre personne. Mais il le faut ! Tout le monde peux ne pas apprécier un livre, ça ne veut pas dire pour autant qu’il est mauvais, et encore moins que l’artiste est un nul. Alors il faut différencier le produit que l’on a fabriqué de soi. Une lecture est toujours subjective. Les goûts sont multiples. On ne peut pas plaire à tout le monde !

Et puis tout est constructif.

Encore plus un échec.

Au pire, cela serrait une bonne expérience…

De toute façon je n’avais pas passé ces dernières années à me décarcasser à écrire mon roman pour me débiner au dernier moment.

Allez, un peu de courage !

Bref, je téléchargeais le logiciel Kindle Create pour mettre en page mon roman en format e-book afin de pouvoir le poster sur Amazon. Et à ce moment, il me vînt d’autres idées pour la mise en page et j’apportais, une fois encore, quelques modifications. Au bout de quelques jours de labeur, je me lançais, et publiais La Part du Temps. Définitivement.

2- 3 jours après, je fis de même avec la version broché, et m’inscrivais au concours les Plumes francophones, organisé chaque année sur Amazon (il faut, pour y être éligible, éditer son roman en format e-book et broché sur leur plateforme). En plus cette année-là c’était Bernard Werber le parrain, et moi je l’aime bien Bernard Werber.

Contrat rempli, ne me restais plus qu’à attendre que les ventes décollent, que les lecteurs se pressent sur mon ouvrage…

Je commandais moi-même un exemplaire que je reçus au bout de 5 jours.

Et là, stupéfaction !

Tout d’abord la qualité de la couverture était médiocre, vachement pixelisée, avec des couleurs ternes, désagréables. Il fallait d’urgence remédier à cela.

Mon patient illustrateur fit à nouveau des corrections afin que le format et la qualité du dessin correspondent aux attentes de la plateforme. Ce qui a été un peu chiant parce qu’Amazon réclamait sans cesse une modification du format de l’image ; à chaque fois qu’on suivait ses directives, il nous en imposait d’autres… Enfin, on a fini par réussir.

Pendant ce temps-là, je découvrais pour la première fois mon histoire sur papier et en profitais pour me lire à nouveau. Je repérais encore des coquilles coriaces qui avaient échappé à ma sagacité et à celle de mes correcteurs, et des phrases que je trouvais informes, dont la tournure ne me plaisait pas, mais alors pas du tout. C’est vraiment pas le même effet, pas le même rendu, de lire sur écran ou sur papier. On repère plus les défauts lorsque les mots sont imprimés. Alors, crayon à papier dans la main, je m’échinais à apporter, une fois n’était pas coutume, de nouveaux changements, de nouvelles corrections.

Installé sur une terrasse, en plein soleil, j’y passais deux après-midi.

Puis je reprenais mon ordi, réécrivais.

C’est le point positif de publier son livre sur une plateforme qui imprime les exemplaires à la demande, on peut apporter des modifications à son roman ad vitam æternam. C’est assez salvateur au niveau orthographique. Bon, il faut surtout prendre garde à ne pas changer sans cesse des choses dans son œuvre, là réside le danger, celui de ne jamais en finir…

Quelques clics…

Quelques minutes d’attentes…

Hop là ! C’était fait !

Nickel !

Je venais d’achever ma mission… du moins en tant qu’écrivain.

J’allais devoir enfiler un autre costume dorénavant, celui de communiquant, ce qui allait être une autre paire de manches…

 

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Merci d’avoir lu mes péripéties d’écrivain.

On se retrouve bientôt pour la suite.

Bises

                                   Frédéric Dessault

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