Cahier de Lectures #33

 

BILAN Lectures Octobre 2019

 

 

Bonjour tout le monde.

Voilà ma petite sélection d’Octobre : un nouveau mois avec de belles découvertes littéraires…

 

 

  • Né d’aucune femme / Franck Bouysse  ♥♥♥♥♥

 

aucunefemme

Quelle claque monumentale ! Je n’avais encore jamais lu Franck Bouysse, mais après avoir vu défiler des avis dithyrambiques sur Instagram, je m’étais résolu à le découvrir. Quelle bonne décision ! C’est livre coup de poing qui nous fait vibrer les entrailles et qui fait mal à l’âme, autant qu’il nous délecte dans notre appétit de sensations fortes. Par les mots de Rose, qu’elle a noté dans des carnets, on passe par un florilège d’émotions, parfois sublimes, souvent horribles, et l’histoire, avec son lot de cruauté, trouve en nous le même écho qu’un grand conte d’autrefois. D’ailleurs les personnages font vraiment penser à des personnages de contes et sont admirablement bien campés. L’écriture est habile et le livre est réellement formidable, alors je n’en dis pas plus et espère vous avoir convaincu de ne pas passer à côté de ce roman captivant. Ha oui, et le livre a reçu le Prix des Libraires 2019, Le Grand Prix des Lectrices Elle 2019 et le Prix Babelio, catégorie Littérature Française 2019… Rien que ça ! Franchement, foncez le lire !

 

Résumé :

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. Et alors, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. De quoi parlez-vous ? Les cahiers… Ceux de Rose. » Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

 

 

  • La chaleur / Victor Jestin  ♥♥♥

 

chaleur

Victor Jestin n’a que 25 ans, alors, c’est tout autant intrigué que jaloux de ce talent précoce que je me lançais dans cette courte lecture. Et puis, l’avantage avec les livres comportant moins de 150 pages c’est que, même si on accroche pas, on peut facilement en venir à bout. Bon, là, j’ai pas eu besoin de me forcer… C’est un premier roman réussi. Déjà le style de l’auteur ne fait pas dans la demi-mesure, il sait manier les mots, avec aisance et maturité, avec véracité. L’écriture est morne, blasé, comme l’esprit dérangé de Léonard (le personnage principal), l’ambiance lourde, dérangeante, mais bien mesuré car elle ne nous plombe pas, bien au contraire. On s’enfile les pages à une vitesse vertigineuse et l’on navigue dans cette chaleur étouffante au côté d’un jeune homme ravagé. Une lecture surprenante, intrigante, qui ne nous lâche pas jusqu’à la fin.

 

Résumé :

« Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »

Ainsi commence ce court et intense roman qui nous raconte la dernière journée que passe Léonard, 17 ans, dans un camping des Landes écrasé de soleil. Cet acte irréparable, il ne se l’explique pas lui-même. Rester immobile, est-ce pareil que tuer ? Dans la panique, il enterre le corps sur la plage. Et c’est le lendemain, alors qu’il s’attend chaque instant à être découvert, qu’il rencontre une fille.
Ce roman est l’histoire d’un adolescent étranger au monde qui l’entoure, un adolescent qui ne sait pas jouer le jeu, celui de la séduction, de la fête, des vacances, et qui s’oppose, passivement mais de toutes ses forces, à cette injonction au bonheur que déversent les haut-parleurs du camping.

 

 

 

  • A la ligne : feuillets d’usine / Joseph Pontus  ♥♥♥

 

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Surprenant, original, prolétaire. Comme pour refléter le travail à la chaîne dans l’usine, des machines qui ne s’arrêtent jamais, les mots défilent, sans ponctuation, sous forme de vers indociles, revenant toujours à la ligne ; pensées volatiles déposées sur le papier. C’est peut-être là que l’auteur se libère enfin, en s’absolvant des contraintes de son travail, il trouve la liberté dans l’absence de syntaxe. Atypique par sa forme, consistant sur le fond, ce premier roman – Grand Prix RTL-Lire 2019 et Prix Premier Roman des lecteurs des bibliothèques de la ville de Paris – nous plonge dans la précarité et dans l’aliénation, dans la répétition des journées, qui se ressemblent, et dans lesquelles, alors que l’on se mue en homme-machine, on tente de trouver un brin de joie.

 

Résumé :

« À la ligne » est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de boulots comme autant de cyclopes.

 

 

  • Une séparation / Vérnique Olmi ♥

 

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Une courte pièce de théâtre. Les échanges épistolaires d’un couple séparé. L’amour magnifié dans sa misérabilité. Deux personnes emportés et ballotées dans un tourbillon de sentiments qu’ils n’arrivent plus à apprivoiser.

 

Résumé :

Une femme envoie à l’homme avec qui elle vit une lettre de rupture. Elle rompt parce qu’elle s’ennuie avec lui et que l’ennui c’est la trahison de l’amour. Lui ne comprend pas, il persiste à lui dire qu’il l’aime, elle prend goût à lui répondre…

 

 

  • L’ordre du jour / Éric Vuillard  ♥

 

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Le Prix Goncourt 2017 est un livre inclassable dans sa forme, une sorte de pamphlet tragi-comique peut-être. On y assiste aux magouilles, aux intimidations, aux coups de bluffs, à toute une partie de poker menteur qui, dans toute son absurdité, va menée à l’Europe dans un second conflit mondiale. On est surtout spectateur d’un tas de capitulations en séries, honteuses et incompréhensibles, qui, par crainte, laissent s’étendre et prospérer le IIIe Reich. On ne peut alors s’empêcher de penser : s’ils avaient su… Des chapitres qui mettent en place des personnages grotesques, et qui, dans un enchevêtrement de scènes aberrantes, nous envoie dans un tourbillon de crédulité, de naïveté, (de débilité), habilement servit par la plume incisive et ironique de l’auteur.

 

Résumé :

L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ?

Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne!

 

 

Et vous, quelles ont été vos dernières lectures et coups de cœur ?

 

Frédéric

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