Cahier de Poésies #17

 

APHONIE

 

bouche

 

Lèvres craquelées

sont comme des fissures

Cratères volcaniques endormis par le temps

Une chambre close

par d’infinis ramures

Qui viennent atrophier le souffle tremblant                                                                                   

                            

Et le cri veut jaillir

mais se mue en absence

Enfermé par mégarde par le corps indolent

La bouche reste close

et la langue en errance

Estompe sa danse en un triste claquement

 

Vagues gigantesques

s’écrasant sans un bruit

Sur la roche étouffante absorbant son élan

Éclairs de ciel

dans la nuit sombre en furie

Un tonnerre muet qui se perd dans le vent

 

C’est la disparition

de l’échange d’une pensée

L’étranglement d’un mot, un silence oppressant

C’est une respiration

c’est un souffle figé

C’est un chant qui se meurt en un lent sifflement

 

Qui pourra me comprendre

puisque je ne peux dire

Quelles sont mes envies et ce que je ressens ?

Puisque je tais ma parole

et cache mes sourires

Cadenasse mon amour sans desserrer les dents

 

Chut !

 

 

Peinture de Julien Duquennoy, La Bouche

2 réflexions sur “Cahier de Poésies #17

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s