Rétrospective 2020 – Le jour où j’ai pas trinqué avec le présentateur du JT de M6… ou ma soirée au Grand Prix des Blogueurs Littéraires

Bonjour tout le monde.

J’espère que vous allez bien.

Aujourd’hui, je vais vous conter un événement marquant de Janvier 2020 ; vous savez, cette époque pas si lointaine où il était encore possible d’organiser des événements à plus de 6 personnes et de faire des bisous et des papouilles à la terre entière.

Tous les ans je participe au Grand Prix des Blogueurs Littéraires en tant que votant (oui, que voulez-vous, j’aime voter, je suis un accro du vote, j’ai déjà tamponné ma carte électorale plus d’une dizaine de fois et, pour ne rien vous cacher, j’ai même voté pour Georges-Alain à la Star Ac’ 2 alors…). Tous les blogueurs sont invités à participer à ce prix- il va s’en dire qu’il faille tenir un blog littéraire pour cela, car celui qui rédigerait un blog sur le curling, pourquoi pas, ça peut arriver, n’aurait pas forcément sa place dans ce concours – non pas que l’organisation soit sectaire mais il faut tout de même établir quelques règles, vous le comprendrez.

Bref, je pense avoir été clair dans mes explications et reprends donc le fil de ce récit palpitant…

Le jour où j’ai pas trinqué avec le présentateur du JT de M6 était en fait un soir, un vendredi soir pour être exact, la nuit était tombée, le temps était très doux, la ville était très vive, et ma veste était très soyeuse (je m’étais apprêté pour l’occasion) et, après avoir pris le métro au départ de Vincennes, ligne 1 jusqu’à Gare de Lyon, puis la 14 jusqu’à je sais plus trop où (enfin, je viens de vérifier et c’était jusqu’à Madeleine, merci Google), j’arrivais au bras de ma petite amie qui m’avait gentiment accompagnée jusque devant la porte du caviste Lavinia. Hé oui, j’étais tout flippé, j’avais les mêmes sensations que pour une rentrée scolaire, avec l’envie de fuir en moins et une dose d’excitation en plus.

Je finissais par lâcher la main de ma compagne et passais courageusement la porte d’entrée, d’une manière tout à fait naturelle, suivant une logistique corporelle efficace et volontaire, un pas après l’autre, jambe droite suivant la gauche, à moins que ce ne fût l’inverse.

Cette année-là, avec son roman Jolis, jolis monstres, et grâce à sa plume talentueuse et à son travail acharné, ce fût Julien Dufresne-Lamy qui fût récompensé et qui obtint la couronne tant convoitée.

« Le roi est mort, vive le roi » on aurait pu scander – sauf que le lauréat de l’édition précédente était bien présent et qu’il était en excellente santé – et que cette remise de prix n’avait rien d’une passation monarchique – donc, en fait, personne n’a utilisé cette formule ce soir-là.

J’entrais dans l’enceinte d’un monde inconnu, n’étant pas initié aux mondanités parisiennes et encore moins habitué à me rendre seul à une soirée où je ne connaissais personne (j’avais discuté vaguement avec quelques blogueurs via les réseaux sociaux mais rien de plus).

Je récupérais un badge à mon nom, me délestais de mon manteau, et tentais vainement de trouvé le semblant d’assurance qui me manquait depuis mon arrivée.

Je m’extasiais devant la beauté du lieu, faste et clinquant. La boutique était vraiment très élégante et les alcools et vins étaient somptueusement mis en valeur ; y avait d’la vinasse à n’en plus finir !

D’un petit hochement de tête je saluais Olivier Liron, le vainqueur de l’année précédente, qui semblait toujours en super forme et qui, d’un sourire bienveillant, me fît l’impression de m’avoir reconnu (j’avais un peu discuté avec lui sur Instagram et il m’avait tout l’air d’être une personne fantasque et sympathique, impression qui n’a fait que s’accentuer depuis).

Et, alors que je m’apprêtais à monter les escaliers majestueux, je reconnus Xavier de Moulins, le présentateur du journal de M6, et de sa voix de crooner il répondit à mon « Bonsoir » mal assuré. Et, juste à ce moment-là, à ce temps suspendu où tout pouvait basculer, où, par le biais de circonstances quasi mystiques et irréalistes il était possible qu’une voie s’offre à moi, pendant ces micros-secondes qui auraient voulu m’ouvrir un succès fulgurant et inespéré, où, sous les néons dorés, j’allais bientôt être invité sur un plateau télé à une heure de grande écoute, à cet instant précis, inattendu, il ne se passa rien – et, de fait, je ne trinquai pas avec Mr. de Moulins. (je préférais vous l’expliquer bien en détail afin de vous prouver que mon titre est entièrement justifié et pas racoleur pour un sous)

Moyennement navré, je décidais de monter à la salle de réception.

L’étage était bondé, il y avait un monde fou, les gens étaient très élégants et ça se claquait la bise à tout va ( Nan mais j’te jure ! Quelle époque !)

J’errai quelques minutes, coupe de champagne entre les mains et amuses-gueule entre les dents, cherchant à m’immiscer subtilement dans un groupe – je n’étais pas là pour me faire une série de monologue dans ma tête tout de même, je devais accorder à d’autres le privilège de profiter de ma sociabilité et de ma conversation lumineuse. ^^

J’aperçus l’enthousiasmant Julien Rampin (alias LabibliothèquedeJuju) et la pétillante Joalie (alias joalie.doncjesuis), deux lecteurs et instagrameurs chevronnés – dont je suivais, avec plus ou moins d’assiduité, les aventures livresques – sans osé les approcher. Puis, après un temps d’errance qui me sembla infini (le temps est long quand on est seul dans la foule) je quittais le brouhaha de l’intérieur pour aller rassasier mes poumons de fumée sur l’immense balcon.

Je conversais quelques minutes avec un éditeur québécois, fort sympathique qui, comme moi, ne connaissait personne. Sauf que lui attendait quelqu’un et que ce quelqu’un, lui, semblait connaître beaucoup de monde.

Avec mon copain québécois on a parlé d’un peu de tout, de pas grand chose, il me racontait ses expériences passées dans ce genre de soirée et moi je le questionnais sur son travail et on se marrait un peu.

C’était vraiment très cordial. Sur une échelle de cordialité ça devait être au moins à 8.

C’est alors que, dans les volutes de fumées, l’auteure et co-créatrice du prix, Agathe Ruga, est apparue avec sa robe d’étoile filante et son sourire plein de soleil. On a échangé quelques phrases puis elle est repartie, gracieuse et virevoltante, charmer le reste de la foule.

Mon interlocuteur du début fini par me lâcher et j’allais errer quelque temps de ci de là dans la belle et vaste salle, humant la bonne humeur, la chaleur et – a fortiori – un brin la sueur, effluves festives qui imprégnaient la pièce. Je profitais de mon indésirable solitude pour faire une halte au point librairie où quelques livres, à fort potentiel marchand, attiraient les lecteurs insatiables.

Je rencontrais UneRibambelle (je me souviens plus de son vrai prénom, désolé) qui, avec ses yeux d’océan et sa bienveillance, apaisa quelque peu le faon perdu que j’étais devenu. Elle me présenta à la fantasque Vania Pagano qui, affalée sur une chaise, picorait quelques miettes afin de dissiper les flûtes précédemment ingurgitées. Nous eûmes une conversation délicieuse , même si, je dois bien le confesser, mon esprit se perdit plus d’une fois dans ses cheveux d’or et son visage de mannequin russe (même si elle elle a plutôt des origines italiennes). On a parlé philosophie de vie, on s’est marré, on s’est échangé nos bouquins, on a même raté le discours de la remise de prix, puis nos chemins se sont séparés.

C’était ça, cette soirée, des instantanés de rencontres, fortuites et plaisantes, riches et fugaces, la brièveté des émotions, on vagabondait d’instants en instants, on voletait de personnes en personnes.

Était-ce cela que l’on nommait soirée volage ?

Par la suite, je bravais ma timidité et offrais mon livre à Olivier Liron. J’avais tant aimé son bouquin. J’espérais qu’il apprécierait le mien.

Je recroisai l’auteur-présentateur Xavier de Moulins qui, un verre à la main, décida de me snober une fois de plus, et ne fît même pas mine de venir trinquer avec moi. (je vous assure que le titre de mon article n’est pas galvaudé)

Puis je retournais squatter la terrasse, en quête de fraîcheur et de compagnie. Je rencontrais d’autres blogueuses, d’autres lectrices, des auteur.e.s, des éditeurs et éditrices, croisais des « guests », tout un tas de personnes rassemblées qui formait un organigramme quasi complet du circuit du livre…

Je fumais des clopes à foison et conversais dans des petits groupes sympathiques. Le moment était agréable et je me sentais de plus en plus à mon aise. Et c’est alors que le gong fût sonné : aux alentours d’une heure du mat’ nous dûmes chacun rentré chez soi.

Je ne recroisai pas le journaliste de M6.

Sacrebleu !

Je me serais bien pointé en boîte avec quelques-uns histoire de faire un peu plus connaissance et d’épater la galerie avec mes chorégraphies (je sais faire quelques mouvements disco depuis que j’ai visionné La Fièvre du samedi soir et connais presque par cœur les pas de la Macarena) mais, étant donné que je bossais le lendemain, je fus trop discipliné (une fois n’est pas coutume) pour les accompagner et rentrais faire dodo.

Et cette nuit-là, emmitouflé dans mes draps douillets, je me rêvais sur le plateau du JT de M6 pour y parler de mon livre qui venait d’atteindre la barre symbolique des 100 000 ventes. J’étais considéré comme le nouvel auteur français à suivre et aussi, selon un tout dernier sondage, comme le plus sexy. (c’était un panel vachement représentatif de l’opinion générale m’avait-on affirmé)

C’est beau de rêver.

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