Avant

Avant il y avait les volutes arc-en-cielées, des reflets d’or dans les pupilles, et nos joues qui rougissaient dans la froidure hivernale.

Avant il y avait ton jean lacéré qui frôlait les murs, tes converses  trouées qui agrippaient le bitume, et tes mains qui aimantaient les miennes.

Avant il y avait tes jambes, virevoltantes et sautillantes, qui snobaient les flaques d’eau, qui jouaient à saute-mouton avec les nuages, les bouches d’incendie et les petits murets.  

Avant il y avait ta bouche, tes lèvres, épines de rose, saveur framboise, promesses de volupté.

Avant il y avait nos courses effrenées à travers les rues parsemées de couleurs.

Avant il y avait notre insouciance qui se foutait du temps.

Avant il y avait le train qui t’emmenait à Limoges, et tu pleurais, et le même train qui te ramenait la semaine suivante, et tu souriais, plantée devant ma porte cabossée.

Avant il y avait nos peaux usées, nos doigts creusés et nos langues défoncées.

Avant le soleil était doux et nos corps transpirants.

Avant, c’était quand ?

Une réflexion sur “Avant

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