Cahier d’auteur #4

 

La Part du Temps – 3ème extrait

 

Bonjour à toutes et à tous, voici un troisième extrait de mon roman.limage

Bonne lecture !

 

14h25

 

   Le peuple est dans la rue, dans toutes les villes, dans chaque commune.

   Les gens, abasourdis mais révoltés, veulent prouver, crier bien fort au fanatisme, à l’immonde obscurantisme, qu’ils ne se laisseront pas faire, qu’ils ne se soumettront jamais à leur loi barbare. Alors ils marchent, ensemble, défenseurs d’une liberté, ébranlée.

   La marche est silencieuse. L’émotion est intense.

   Des centaines de dessins, des caricatures, des phrases drôles, des mots indociles, inscrits sur de grands cartons, virevoltent au-dessus des têtes.

   Sur les maisons qui bordent la rue, fixés sur les balcons, coincés entre des battants délabrés, des drapeaux tricolores ondulent au vent.

   Les visages sont tristes, mais on peut également y déceler une confiance sereine, sans une once de haine.

   Et dans les yeux se reflètent l’espoir, le commencement d’un monde nouveau, pacifié.

   Nous avançons à petit pas, comme un seul homme ; et l’on ressent, en cet après-midi froid, une fervente et prodigieuse chaleur.

   Clémentine est à mes côtés, le regard grave. Elle a écrit,  sur ses joues et son front – au feutre rouge – ces mots si simples, et pourtant tellement important :  Liberté. Égalité. Fraternité.

   C’est tous les deux que nous avons pleuré la veille, lorsque nous avons vu l’ignorance et la cruauté s’acharner sur le rire et la légèreté.

   Nous avons pleuré la haine, le rejet. Nous avons pleuré la fin de notre innocence.

   Des crayons énormes – mesurant bien plus d’un mètre – sautillent et avancent, dansent, à chaque mouvement de leurs porteurs.

   Puis on entend, loin devant, les noms des victimes : dessinateurs, journalistes, juifs et policiers ; et alors, telle une vague auditive, les applaudissements submergent la foule, déferlent progressivement jusqu’à nous, puis se déploient vers l’arrière de l’immense cortège. C’est un raz-de-marée de solidarité, une communion magnifique ; ça me fout des frissons tellement c’est beau.

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Cahier d’auteur #3

La Part du Temps – 2ème Extrait

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Bonjour à toutes et à tous, voilà un deuxième extrait de mon roman. 

Bonne lecture !

 

Extrait du Carnet de mon père.

Pensées sur le Temps page 4  

 

   Qu’est-ce que le temps ?

   Dans le dictionnaire il est défini comme une  » notion fondamentale conçue comme un milieu infini dans lequel se succèdent les événements. Un mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé, considéré souvent comme une force agissant sur le monde, sur les êtres. « 

   Cette définition suffit-elle à l’expliquer, à le décrire ?

   Qu’est-ce donc que cette universelle étrangeté ?

   Le temps est-il réel ? Une invention? Une substance ? Une idée ? Un concept ? Une création humaine ? Existe-il pour nous permettre de nous repérer dans l’espace ? Est-il une métaphore qui vise à expliquer le changement, l’usure et le vieillissement ?

   Pourquoi existe-il ? Quel est son but ?

   Le temps n’est-il pas, tout simplement, une métaphore de la vie ?

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Cahier d’auteur #1

J’ai envoyé mon premier roman à des éditeurs… et les quelques petites démarches à effectuer pour le faire.   

 

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Bonjour à toutes et à tous !

   Et voilà, après des jours, des semaines, que dis-je, des mois, attablé devant mon ordi, à me triturer les méninges, à laisser mes doigts courir sur le clavier, à me ronger les ongles lorsque je bloquais sur un mot ou une phrase, à me lire, à me re-lire, à réctifier, à corriger, à rédiger, parfois de façon limpide, parfois de manière plus laborieuse, à ressentir la satisfaction de créer, plaisir toujours agrémenté d’insatisfactions permanentes, il m’a fallu m’y résoudre : mon roman était fini, terminé, achevé. 

 

    ShirleyHardWork

 

Et vous savez quoi, c’est vachement compliqué de se dire que voilà, ça y est, on a fini, on est arrivé au bout de son projet. C’est super compliqué quand on est parfois trop perfectionniste (ou toujours insatisfait) et qu’on trouve le résultat toujours en deçà de ce qu’on s’imaginait… Mais bon, c’est normal je pense, on est rarement totalement satisfait de ce qu’on fait.

D’ailleurs, pour le moment, je ne veux surtout pas relire mon livre, car je sais bien que si je m’aventurais à y replonger un énième fois, je voudrais encore y faire des rectifications ; changer un mot, un dialogue, la couleur des cheveux d’un personnage…

   Du coup, n’ayant pas feuilleté mon roman depuis quelques semaines, j’ai pu m’auto-convaincre qu’il n’était pas si mal et que, peut-être même, certains lecteurs le trouverait vachement bien.

Alors j’ai profité de ce moment de confiance pour sauter le pas et l’envoyer à des éditeurs.

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